29 avril 2006
Invictus
OUT of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.
Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les dieux qui me donnent
Une âme qui est noble et fière.
In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.
Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller:
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout, bien que blessé.
Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.
Au-delà de ce monde de colère et de pleurs
N'est tapie que l'Horreur de l'ombre.
Et pourtant la crainte des ans
Me trouve et me trouveras, sans peur.
It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.
Aussi étroit que soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme:
Je suis maître de mon destin;
Et capitaine de mon âme.
William Ernest Henley
03 septembre 2005
Bernard Werber & Evangelion
En
parcourant ma fiche signalétique, vous n'aurez pas manqué de remarquer
que j'aimais bien les livres de Bernard Werber. Après avoir regardé Neon Genesis Evangelion, il m'est venu l'envie d'écrire au sujet de la conception de Dieu.
La
conception classique du Dieu est assez unanime, parmi les diverses
religions. Il s'avèrerait donc que Dieu aurait été là avant toute autre
forme d'existence, et aurait conçu et réalisé ce que nous sommes et le
monde qui nous entoure. Il est supposé être bon en magnanime,
dégoulinant de bonne volonté au moins autant qu'un bisounours. Par
ailleurs, il est partout et nulle part à la fois, et on s'adresse à lui
de manière conventionnée.
Ce que je trouve de relativement commun entre Werber et Evangelion, c'est la reprise d'éléments de la Kabbale (Tradition
en hébreu), un ouvrage ou ensemble d'ouvrage ayant pour but de proposer
au monde un ensemble d'outils permettant de mieux comprendre tout ce
qui entoure chacun de nous. En l'occurrence, on voit dans Evangelion
des Anges, nombreux (mais pas comme dans l'éphéméride), symbolisant
chacun un aspect ou une qualité (à prendre au sens large). On notera
que ces anges sont appelés Shito en japonais, et le
mot "ange", qui a été donné en traduction n'est qu'approximatif, Shito
pouvant aussi bien vouloir dire Apôtre ou Messager ... Ces anges donc,
se font tous vaincre par l'homme, à l'aide d'un outil technologique
ayant domestiqué (ou presque) un être dérivant d'eux (vous me suivez ?
Une Eva, ou Evangelion, est issue des gênes du premier ou du second Shito),
ce qui à mon idée, symbolise la suprématie de l'homme sur toutes les
conceptions "antiques" de Dieu, ce qui par ailleurs offre un gain de
sens par rapport à la traduction.
Chez Bernard Werber, les cieux
sont composés sous forme de strates. L'ange étant le 6e niveau
d'évolution de l'âme, son 6e degré de purification. Il est représenté
sous la forme d'une hiérarchie kabbalistique, c'est-à-dire qu'il existe
un certain nombre d'anges supérieurs (cf L'empire des Anges),
et leurs ombres sont des archanges (en réalité, eux aussi des anges,
mais privés de la distinction entre le bien et le mal. Satan par
exemple est un ange comme les autres, sa particularité étant de
disposer de toutes les connaissances sur ce qui fut, ce qui est, et ce
qui sera, cependant, il n'a pas de notion de jugement : il répond à
toutes les questions qu'on lui pose, sans se soucier des conséquences,
et en profite pour ajouter une vérité inconnue de son interlocuteur).
Là ou la conception du Dieu conventionnel est bousculée, c'est quand on
passe au septième niveau de pureté, l'élévation à l'état d'"Elève Dieu"
(cf. Nous les Dieux). Werber conçoit donc que Dieu est une
sorte de métier qui s'apprend. Il va même plus loin, en affirmant
métaphoriquement que l'état de Déïté impose plus de restrictions que
l'état angélique. En effet, là ou l'ange est dénué de consistance
matérielle, de besoins vitaux, et autres limitations des mortels, le
Dieu (ou du moins l'élève), doit manger, est soumis aux lois de la
gravité et plus généralement de la physique conventionnelle.
Par
ailleurs, aucune des deux approches ne sous-entend que le progrès ou
ses conséquences soit mal vu par les Dieux, au contraire, d'une part
Bernard Werber entend que le progrès est inspiré par les Dieux, et
d'autre part, Evangelion laisse entendre que l'humanité est maîtresse
de sa destinée (si elle daigne en prendre le contrôle). Ce que j'aime,
c'est que là ou la conception divine classique tend à diminuer les
responsabilités de l'Homme en augmentant ses devoirs naturels, elles
tendent à le responsabiliser, donner de l'importance à ses gestes et à
sa vie, tout en engendrant une mécanique plutôt progressiste.
Je vous invite en tout cas très vivement à lire Les Thanatonautes, L'empire des Anges, ainsi que Nous les Dieux,
et pourquoi pas aussi Le souffle des Dieux, qui n'est pas encore sorti
à l'heure ou j'écris, mais ce n'est qu'une question de mois, et à voir Evangelion, qui est une série absolument envoûtante.


