Terra Incognita

Le weblog de Tidus, un étudiant en informatique de 21 ans, gay et fier de l'être. Ici, vous trouverez des avis, des opinions, des réflexion, des paroles de chansons, des photos sympathiques, et surtout une ambiance chaleureuse.

29 avril 2006

Invictus

OUT of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les dieux qui me donnent
Une âme qui est noble et fière.


In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller:
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout, bien que blessé.


Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.
 

Au-delà de ce monde de colère et de pleurs
N'est tapie que l'Horreur de l'ombre.
Et pourtant la crainte des ans
Me trouve et me trouveras, sans peur.


It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

Aussi étroit que soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme:
Je suis maître de mon destin;
Et capitaine de mon âme.


William Ernest Henley

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03 septembre 2005

Bernard Werber & Evangelion

bernard_werberEn parcourant ma fiche signalétique, vous n'aurez pas manqué de remarquer que j'aimais bien les livres de Bernard Werber. Après avoir regardé Neon Genesis Evangelion, il m'est venu l'envie d'écrire au sujet de la conception de Dieu.

La conception classique du Dieu est assez unanime, parmi les diverses religions. Il s'avèrerait donc que Dieu aurait été là avant toute autre forme d'existence, et aurait conçu et réalisé ce que nous sommes et le monde qui nous entoure. Il est supposé être bon en magnanime, dégoulinant de bonne volonté au moins autant qu'un bisounours. Par ailleurs, il est partout et nulle part à la fois, et on s'adresse à lui de manière conventionnée.

Ce que je trouve de relativement commun entre Werber et Evangelion, c'est la reprise d'éléments de la Kabbale (Tradition en hébreu), un ouvrage ou ensemble d'ouvrage ayant pour but de proposer au monde un ensemble d'outils permettant de mieux comprendre tout ce qui entoure chacun de nous. En l'occurrence, on voit dans Evangelion des Anges, nombreux (mais pas comme dans l'éphéméride), symbolisant chacun un aspect ou une qualité (à prendre au sens large). On notera que ces anges sont appelés Shito en japonais, et le mot "ange", qui a été donné en traduction n'est qu'approximatif, Shito pouvant aussi bien vouloir dire Apôtre ou Messager ... Ces anges donc, se font tous vaincre par l'homme, à l'aide d'un outil technologique ayant domestiqué (ou presque) un être dérivant d'eux (vous me suivez ? Une Eva, ou Evangelion, est issue des gênes du premier ou du second Shito), ce qui à mon idée, symbolise la suprématie de l'homme sur toutes les conceptions "antiques" de Dieu, ce qui par ailleurs offre un gain de sens par rapport à la traduction.

Chez Bernard Werber, les cieux sont composés sous forme de strates. L'ange étant le 6e niveau d'évolution de l'âme, son 6e degré de purification. Il est représenté sous la forme d'une hiérarchie kabbalistique, c'est-à-dire qu'il existe un certain nombre d'anges supérieurs (cf L'empire des Anges), et leurs ombres sont des archanges (en réalité, eux aussi des anges, mais privés de la distinction entre le bien et le mal. Satan par exemple est un ange comme les autres, sa particularité étant de disposer de toutes les connaissances sur ce qui fut, ce qui est, et ce qui sera, cependant, il n'a pas de notion de jugement : il répond à toutes les questions qu'on lui pose, sans se soucier des conséquences, et en profite pour ajouter une vérité inconnue de son interlocuteur). Là ou la conception du Dieu conventionnel est bousculée, c'est quand on passe au septième niveau de pureté, l'élévation à l'état d'"Elève Dieu" (cf. Nous les Dieux). Werber conçoit donc que Dieu est une sorte de métier qui s'apprend. Il va même plus loin, en affirmant métaphoriquement que l'état de Déïté impose plus de restrictions que l'état angélique. En effet, là ou l'ange est dénué de consistance matérielle, de besoins vitaux, et autres limitations des mortels, le Dieu (ou du moins l'élève), doit manger, est soumis aux lois de la gravité et plus généralement de la physique conventionnelle.

Par ailleurs, aucune des deux approches ne sous-entend que le progrès ou ses conséquences soit mal vu par les Dieux, au contraire, d'une part Bernard Werber entend que le progrès est inspiré par les Dieux, et d'autre part, Evangelion laisse entendre que l'humanité est maîtresse de sa destinée (si elle daigne en prendre le contrôle). Ce que j'aime, c'est que là ou la conception divine classique tend à diminuer les responsabilités de l'Homme en augmentant ses devoirs naturels, elles tendent à le responsabiliser, donner de l'importance à ses gestes et à sa vie, tout en engendrant une mécanique plutôt progressiste.

Je vous invite en tout cas très vivement à lire Les Thanatonautes, L'empire des Anges, ainsi que Nous les Dieux, et pourquoi pas aussi Le souffle des Dieux, qui n'est pas encore sorti à l'heure ou j'écris, mais ce n'est qu'une question de mois, et à voir Evangelion, qui est une série absolument envoûtante.

Posté par tidus3012 à 23:47:32 - Littérature - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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